Thought For a Forest
Linda Covit

Chaque élément : 76,20 cm x 4, 88 m.
Collaboration spéciale : Ideal Metal inc.

Linda Covit s’intéresse depuis quelques années à la thématique du jardin, tout en insérant dans ses mises en situation une notion de théâtralité. Cette fois-ci, elle réalise une oeuvre qui se situe déjà dans un jardin et ce qu’elle théâtralise ce sont les arbres. Elle les entoure d’un muret dont la forme n’est pas sans rappeler, à une échelle réduite, l’élément central de Caesura, au Parc Jarry, une oeuvre de 1991, dédiée à la paix et commandée par la Ville de Montréal lors de son 350e anniversaire. (Serge Fisette).

Voici d’ailleurs comment l’artiste, dans la brochure de présentation du symposium, nous décrit sa démarche :
L’eau ayant souvent occupé une place prépondérante dans mes installations, il me semblait intéressant de créer un jour une oeuvre qui, référant à l’eau, prendrait place dans son cadre naturel. Toutefois, lors de ma première visite du parc, le fleuve m’est apparue comme une toile de fond superbe à partir de laquelle il devenait possible d’encore mieux apprécier la force des arbres
(...).


L’oeuvre se veut un hommage à ces arbres, définissant et honorant la forêt ainsi projetée dans une dimension sculpturale. Certains arbres, choisis ici et là à l’intérieur d’un périmètre, seront circonscrits par un élément en forme de spirale. En Orient, un des rites Shinto, qui consiste à enrouler une corde (shinenawa) autour d’un arbre ou d’une pierre, signifie l’emplacement d’un lieu sacré habité parun kami (déité). Ici, les spirales métalliques qui encerclent les arbres célèbrent la beauté de ces formes organiques et soulignent la fragilité de la coexistence des humains et de la nature.

Réalisée en laiton poli et verni afin de préserver son éclat, chaque spirale émerge du sol. Entourant le tronc, celle-ci s’élève en son centre pour ensuite replonger vers la terre. Pendant la journée, cette surface réfléchissante agit comme un registre visuel des modulations de la lumière naturelle : chatoiements lumineux qui se répandent dans le sous-bois et font converger l’attention du promeneur vers la dimension formelle des arbres et la poétique de la forêt. En soulignant le feuillage dense du printemps et de l’été, les couleurs de l’automne, la rugosité et le dénuement des troncs de l’hiver, ils témoignent des échos silencieux des rythmes cycliques de la nature.

Serge Fisette, dans le même article sur le symposium de Longueuil, La sculpture, de rives en rives, analyse ainsi cette oeuvre :

L’oeuvre de Covit est minimale et c’est de cela qu’elle tire son impact. En même temps qu’elle isole des éléments du parc, elle accroît leur visibilité. Elle donne à ces arbres - et à tous les arbres du parc, une intensité, une présence qui se répercute au loin, bien au-delà de leur périmètre immédiat et cela, grâce aux multiples reflets de la lumière sur le métal poli. Ainsi sertis d’or, les arbres irradient.

Photo Claude Lapierre
Photo Mona Godbout







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