Titre inconnu (1972)
Alain Pitre

Acier peint, multicolore.
À l’origine, les tiges étaient peintes gris-bleu et pour les panneaux, l’artiste avait employé trois tons de vert et trois tons d’orange. Chaque panneau était peint mi-orange, mi-vert.
La plus haute des tiges avait approximativement 4 mètres.

Notons cependant que cette sculpture a subi de profondes altérations avec le temps. D’abord les plaques de métal, montées sur tiges et trouées de cercles, étaient pivotantes. Elles devaient bouger selon le vent. Mais parce que l’usure et le manque de lubrification les rendit bruyantes, on décida tout simplement de les fixer de façon permanente !

La sculpture est, dans l’ensemble plutôt endommagée. Plusieurs tiges verticales sont dégarnies des plaques pivotantes qui en ornaient la tête. Des tiges horizontales, qui ne faisaient pas partie de la sculpture à l’origine, ont été ajoutées pour, semble-t-il, solidifier l’ensemble et rendre le tout plus sécuritaire !

Cette sculpture a été réalisée, comme toutes les autres précédemment, dans le cadre d’un projet Perspectives-Jeunesse intéressant un groupe d’étudiants du Cégep du Vieux-Montréal. Ce groupe, qui s’est dénommé Transition, fut mis à contribution pour le symposium de sculpture du parc Duvernay (maintenant le parc Fernand-Bouffard), à l’été de 1972.

Quant à la sculpture d’Alain Pitre présentée ici, on note qu’elle laisse une large place au vide. Il s’agit visiblement d’une oeuvre à caractère sériel où se répète, à des hauteurs variables, un même assemblage d’éléments linéaires et géométriques.

Cette sculpture abstraite, aérée, pivotante et multicolore, du moins à l’origine, est encore habitée par l’esprit de légèreté qui en inspira les formes. Mais l’oeuvre est néanmoins en péril car le vide empiète toujours de plus en plus sur le plein et l’élan de gaieté initiale se dissipe au fil des ans pour faire une place de plus en plus prépondérante à la fragilité.

Il est cependant ironique de constater que l’oeuvre se dégrade lentement et prend un caractère triste et lugubre quand on sait que l’auteur, Alain Pitre, s’est donné la mort quelques années à peine après avoir réalisé cette sculpture.

Photo Jean Laramée
Photo Michel Pratt







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