Absolis (1972)
Claude-Paul Gauthier

Acier peint en bleu. À l’origine, cette oeuvre était peinte en noir, mais, comme toutes les autres, elle fut repeinte par décision des autorités municipales pour empêcher la détérioration du métal.
Hauteur approximative des trois poutres : 1,83 m ; 2,44 m ; 3,05 m.
Sculpture réalisée lors du symposium de l’été 1972 au parc Duvernay (maintenant Fernand-Bouffard), par le groupe «Transition».

Cette sculpture, conçue dans l’esprit minimaliste, renvoie à la réalité industrielle de l’objet produit en série. L’approche sérielle, qui s’illustre ici par le biais de la répétition modulaire, fut privilégiée par de nombreux sculpteurs cheminant, de façon plus ou moins avouée, dans le sillage de Marcel Duchamps, auteur, vers 1913-1915, des premiers ready-mades, ces objets usuels ironiquement promus au rang d’oeuvres d’art !

On peut aisément reconnaître dans cette sculpture certains éléments fondamentaux de l’art minimal : la production sérielle d’abord, l’emploi de matériaux industriels et le recours à des formes géométriques primaires. Notons cependant que l’emploi de l’objet trouvé, ou ready-made, n’est pas ici explicite puisque le sculpteur a travaillé tout l’été à réaliser ces trois poutres, mais l’idée directrice de leur conception est certainement tributaire de l’état d’esprit qui anime les ready-mades.

Le nom de l’oeuvre, Absolis, fait référence à la fois à l’absolu et au soleil, solis.

Par ailleurs, la peinture bleue vient ruiner l’effet recherché par l’artiste qui utilisait le noir pour créer, par l’action du soleil, des effets de dégradé remarquable sur le métal.

Photo Michel Pratt
Claude-Paul Gauthier dont nous avons parlé à propos d’une des sculptures au Grand Parc Lafayette, était l’organisateur du symposium du parc Duvernay. Il terminait à l’époque un D. E. C. en arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal.

Il allait par la suite étudier la musique électronique à l’université McGill puis la fonderie artistique à l’École des métiers de l’Est.

Rappelons qu’il fut le président-fondateur du Conseil de la sculpture du Québec, en 1978.








© Société historique et culturelle du Marigot