

LOracle Justitia
(1986)
Yves
Louis-Seize
Cette sculpture monumentale composée de deux pièces de couleur noire, ou gris cendré, représente la balance de la justice dans sa robe noire. Les deux parties sont disposées de part et dautre du passage piétonnier menant à lentrée de limmeuble, sur le boulevard Roland-Therrien.
Cette actualisation de modèles anciens nous permet dapprécier les sculptures de Louis-Seize selon un autre registre.
En effet, placées ainsi de part et dautre des passages piétonniers qui conduisent aux différentes entrées du Palais de justice, on ne peut manquer dévoquer ces figures gardiennes qui apparaissaient constamment, sous forme de lions ou de créatures hybrides aux portes des anciens palais ou des villes antiques. Les lions ailés de Babylone nous viennent à lesprit.
Ces gardiens étaient alors perçus comme de bons génies protégeant le palais et ils étaient souvent sculptés à même les murs des fortifications doù leurs volumes semblaient surgir, émerger. Lusage symbolique de ces archétypes, de ces gardiens du seuil, confère ainsi à limmeuble une dimension symbolique qui en manifeste lintemporalité.


Comme pour
les deux autres monuments, la forme est ici épurée de façon
géométrique. Notons cependant que le formalisme ne verse pas
complètement dans labstraction puisque les oeuvres suggèrent
une présence significative. Lartiste jette en quelque sorte un
regard moderne sur le passé et puise son inspiration dans limagerie
bestiale à laquelle se rattache, depuis des temps immémoriaux,
un symbolisme particulièrement florissant.
En effet, les sculptures à caractère monolithique qui ponctuent le pourtour du Palais de justice apparaissent comme autant de monstrueuses silhouettes qui ont comme des relents de mastodontes géométriques habillés de corps modernes mais habités desprits primitifs, totémiques. Comme la dit Michel Groleau, cest comme si lartiste avait voulu saisir lessentiel dune autre architecture, celle du corps animal, massif et primitif.