Arbre d’acier (1965)
Armand Vaillancourt

Sculpture faite de rebuts de métal dont la tête, montée sur un pivot, peut tourner. Ce pivot, une pièce de métal de forme cylindrique, est camouflé au centre du feuillage.
La pièce est montée sur une petite dalle de béton en forme de carré de trottoir.
Créant un contraste de luminosité, des morceaux de verre d’environ 10 cm par 15 ou 20 cm, provenant de la Pittsburgh Glass, étaient, à l’origine, incorporés au feuillage.

Cette technique d’assemblage permet d’incorporer à la sculpture des objets trouvés, des ready-mades, c’est-à-dire des objets usuels ironiquement promus au rang d’oeuvres d’art. Cet arbre solitaire prend par conséquent une allure toute urbaine, industrielle, apparaissant alors, seul et mangé par la rouille, comme un symbole de l’isolement des individus, ou une manifestation du vieillissement, de la détérioration, non seulement des individus, mais de toute création humaine.

Cet arbre correspond bien à l’idée de création spontanée, omniprésente chez Vaillancourt, qui n’obéit dans sa démarche créatrice, comme le fait observer Guy Robert, qu’à une seule loi, celle de son enthousiasme, de sa passion immédiate.

Ce jaillissement est manifeste dans le feuillage de l’arbre qu’on pourrait décrire comme une agglomération spontanée de formes hétéroclites, comme si un aimant puissant avait instantanément attiré tous les morceaux de métal traînant dans l’atelier... ! Il y a encore là quelque chose de typiquement urbain qui suggère la croissance désordonnée, rapide, cette espèce de brouhaha contemporain, de confusion, maelstrom d’où surgissent les problèmes sociaux, questionnement au coeur même de l’oeuvre de Vaillancourt, le Vulcain de la sculpture québécoise pour qui la sculpture est d’abord et avant tout un acte esthétique et politique !

(1150, Chemin du Tremblay)
Photo Mona Godbout







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