Clôture sculptée (1990)
Karoll Bouchard

Cette clôture délimite la cour arrière de la résidence de M. Karoll Bouchard au 744, rue Maple. Deux des trois faces de celle-ci sont visibles du public. En effet, elles donnent directement sur la piste cyclable qui, à cet endroit, passe derrière l’édifice de l’Union des producteurs agricoles sur le boulevard Roland-Therrien.

Cette clôture est-elle une oeuvre d’art ? Nous nous sommes posé la question... pour conclure en paraphrasant David Howe que l’art, comme la beauté des choses, existe dans l’esprit de celui qui les contemple...

En effet, en jetant un regard moins conservateur sur cette clôture, il faut bien admettre que le souci esthétique est présent... Certains diront même que cette clôture est beaucoup plus sculpturale que bon nombre d’oeuvres d’art que l’on retrouve à certains endroits de la ville et qui se targuent de ce nom... !

La clôture de M. Bouchard fait indéniablement partie du paysage urbain et elle répond hautement à l’intention première de tout sculpteur digne de ce nom d’offrir son oeuvre au regard public et d’intégrer celle-ci à son environnement.

Bref, les tenants du pour et du contre pourront en débattre à souhait, mais, quant à nous, cette clôture illustre bien cette zone grise, indécise, floue et innommée, entre ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas... Le souci de faire oeuvre d’art est éminemment présent, et cela nous suffit amplement...

Voici de quelle façon M. Bouchard, un menuisier de Longueuil qui s’intéresse à la sculpture depuis une douzaine d’années, nous a décrit sa démarche :

La clôture a été érigée en 1990. Elle est la continuité ou la suite d’une recherche sur le cube qui, comme chacun le sait, est l’un des volumes primaires essentiels. Les autres étant la sphère, le cône, la pyramide et le cylindre. Celui-ci (le cube) fut soumis à d’intenses manipulations algorithmiques qui générèrent une nouvelle géométrie volumétrique. Voilà tout l’objet de ma démarche en tant que sculpteur : découper un espace à l’intérieur du vide et recréer un nouveau savoir. En bref, tenter de découvrir dans le néant un langage signifiant.

Photo Mona Godbout
Photo Mona Godbout







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