La création, le pouvoir de la pensée (1965)
Jordi Bonet

Céramique et béton.

Nous sommes en présence d’une murale qui est un bon exemple d’une oeuvre typique de Jordi Bonet et où l’on on peut retrouver les éléments de sa signature formelle.

Notons d’abord les formes qui se détachent très nettement sur le fond. Ces formes se résument à quatre médaillons de céramique incrustés. Autour d’une pièce centrale d’environ un mètre de diamètre, trois petits médaillons gravitent. La prédominance chromatique est le bleu (ultramarine), dont la profondeur contribue à la distinction de l’ensemble.

Quant au mur même, l’artiste l’a retravaillé pour en faire le fond de son oeuvre, un fond de béton sculpté en bas-relief qui, à peine ouvré et peint d’un blanc terne, est rabattu en quelque sorte par le gris du béton qui ressort par endroits.
L’aspect planétaire des médaillons, la texture de l’oeuvre et l’usage de la céramique sont autant de signatures de Bonet. Et que dire de cette main, main unique de l’artiste, main créatrice, forte et expressive, inscrite dans un cercle qui devient un symbole du temps éternel...

Photo Mona Godbout
Photo Mona Godbout
(Boul. de Gentilly Est )

Jordi Bonet, catalan d’origine qui devient, à 22 ans, Québécois d’adoption, est un sculpteur et un muraliste de réputation internationale. Cet artiste très prolifique fut une des figures dominantes de la scène des arts visuels au Québec au cours des années 60 et 70.

Il achète en 1969 le manoir Rouville-Campbell, abandonné depuis 25 ans, et en fait un centre d’arts où gravite une infinité d’artistes. Bonet s’exile à Paris en 1977 pour donner une dimension plus mondialiste à sa production. Il meurt à 47 ans, de leucémie, six ans après que les médecins ne lui donnent plus qu’un mois à vivre... !








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