

Statue de saint
Joseph (c. 1850)
Victor
Bourgeau
Cette
oeuvre, la plus ancienne de toutes les oeuvres répertoriées
dans cet ouvrage, aurait été, selon les archives de la communauté,
sculptée dans le bois par Victor Bourgeau lui-même. Installée
pour la première fois sur le toit de lédifice le 25
août 1853, elle en fut enlevée en 1895 en raison des dommages
causé par les intempéries. Cest à ce moment quelle
fut retravaillée par Olindo Gratton. Bénie à léglise
St-Antoine le 16 juin 1901, elle fut hissée le lendemain à
sa place dorigine.
La restauration
de Gratton consista en un revêtement métalique, technique couramment
utilisé par les sculpteurs québécois à la fin
du XIXe siècle. Dite le «bronze du pauvre», cette technique
consistait à recouvrir de feuille de métal, souvent du plomb
ou du cuivre, les statues de bois destinées à être placées
à lextérieur.
Malheureusement, le cuivre recouvrant la statue est caché par une généreuse couche de peinture argentée qui fut probablement appliquée en même temps que fut repeint le toit de lédifice. Vue den bas, il est assez ardu dès lors de distinguer les détails de la sculpture qui forme un tout monochrome avec la toiture! Le brillant de la peinture rend également la lecture de loeuvre particulièrement difficile car elle à pour effet datténuer sinon déliminer toute accentuation du modelé.

Victor Bourgeau
Victor Bourgeau, né en 1809, fut dabord menuiser et charpentier. Il se prit de passion pour la sculpture que lui enseigna son oncle, puis pour larchitecture à laquelle, à compter de 1849, il se dévoua pour le reste de sa vie. Il donnait dans un style néobaroque qui finit par se généraliser dans toute la province. Cet artiste qui ne savait même pas signer son nom lors de son mariage, séteignit en 1888.


J.-Olindo Gratton
J.-Olindo Gratton (1855-1941) est lun des grands méconnus de la sculpture québécoise. Pendant montréalais de Louis Jobin, Gratton est une sommité dans la statuaire religieuse. On lui doit plus de 300 statues sur bois réalisées entre 1877 et 1939. Sculpteur attiré des architectes Perrault et Mesnard, Gratton occupa le rôle de sculpeur religieux par excellence, faisant ainsi pendant à Hébert.
Lexemple le plus
saisisant de la collaboration entre ces deux artistes reste la cathédrale
Marie-Reine-du-Monde de Montréal. En effet, alors que les plans de
lensemble étaient réalisés par Victor Bourgeau
qui sinspirait librement de larchitecture de Saint-Pierre de Rome,
Gratton réalisait les treize statue colossales, de cuivre repoussé
sur bois, qui dominent la facade de la cathédrale.
On estime généralement que cet ensemble forment le point culminant de la carrière de Gratton tant en envergure quen prestige!
