

Titre
inconnu (1967)
Jiro Sugawara
Granit.
1,4 m de haut ; 2 m de long ; 76 cm dépaisseur.
Cette sculpture fut réalisée au symposium de sculpture du Pavillon de la jeunesse lors de lExpo 67. À la conclusion de celle-ci, loeuvre fut transportée au carré Isidore-Hurteau, devant la Maison de la culture récemment construite. Les autorités municipales longueuilloises cherchaient alors des oeuvres à y exposer pour une période indéfinie. Notons que la Maison de la culture devint, en 1987, le centre culturel Jacques-Ferron.
Cette
sculpture en ronde-bosse composée de deux blocs de granit superposés
est caractéristique de loeuvre du sculpteur dorigine
japonaise. En effet, le travail sculptural de ce dernier se définit,
selon lhistorien dart et écrivain Yves Robillard, par
un modelé assez relâché, un (...) goût (pour les)
volumes irréguliers, organiques et une composition densemble
où prédominent léquilibre, la stabilité.
Dans cet article, paru dans La Presse du 14 octobre 1967, Robillard définit ainsi son appréciation du travail de lartiste: chaque partie de ses pièces se répond volume pour volume dans un ensemble qui doit inspirer la quiétude. (...) Lintérêt des pièces de Sugawara réside (...) dans ce paradoxe entre, dune part une vie interne mouvante et, dautre part, un extérieur très reposant sans pour cela que lartiste devienne formaliste. Au contraire, cest le caractère organique du matériau qui prédomine et Sugawara sait formidablement nous inviter à tourner autour de ses pièces, sans quil en soit nécessaire, cest-à-dire quil sait très bien fournir au spectateur la sensation (...) de volume dans lespace.
Chez Sugawara, le raffinement de la forme joue de pair avec la nature plus brute du matériau, ce qui vaut aussi pour ses sculptures sur bois. En sinspirant de formes dorigine végétale aussi bien que minérale, il sait rendre, dans le bois comme dans la pierre, un sentiment de vie organique.
La sculpture de granit du carré Hurteau témoigne de cet heureux mariage de la rigueur et de la fluidité. La pierre y est dégrossie avec juste mesure et on peut lire le coup de maillet à la fois gracieux, fluide et rigoureux. On remarque aussi, sur une des faces de la sculpture donnant sur la rue Saint-Laurent, un sigle abstrait qui se définit à la surface de la pierre par une petite superficie de pierre plus polie. La forme stylisée de ce sigle, qui vient nuancer la texture de lensemble, évoque la calligraphie japonaise.

