



Labyrinthide
Michèle Tremblay Gillon
Béton
armaturé, bois, ciment de finition et teinture.
Diamètre : 8,84 m x 60,9 cm.
Commanditaire majeur : Lafarge. Groupe Matériaux de construction.
Collaboration spéciale : Langevin et Forest ; Location doutils
Gamma inc. ; Stelco McMaster ltée.
Inspirée dun
poème de Gloria Escomel, loeuvre de la sculpteure aborde le thème
du transitoire, de la mémoire de ce qui est disparu, miroir de la fragilité
du moi...
Voici dailleurs
dans quelle mouvance cette oeuvre sinscrit, daprès les
propos mêmes de lartiste :
Forme gonflée
qui évoque le ventre porteur dune terre nou-velle et enceinte,
ici de labyrinthes. Elle les laisse entrevoir, incrustés
au sol, en son centre
devenu une place accessible aux promeneurs.
Ces labyrinthes, comme fossilisés, simbriquent les uns dans les autres, porteurs ou non dissues, pour nen former quun seul.
En tant que tracés,
ils sont concrets et, alors quils font également apparaître
entre eux des espaces labyrinthiques visibles, ils veulent aussi suggérer
des espaces virtuels et invisibles, tels que les labyrinthes vertigineux des
chiffres, du temps ou de la mémoire. Le paradoxe du vrai et du faux
est également une sorte de labyrinthe, puisquil sagit ici
dune fausse terre nouvelle (cest une sculpture), sur un faux promontoire
(étant construit artificiellement sur les débris hétéroclites
de notre société de consommation).
Ainsi, jai voulu
subvertir le principe passif de la terre-mère féconde en y ajoutant
le principe actif de la terre, lieu de naissance de mythes, dexplorations,
de recherches et de connaissances.
Sur la croûte terrestre qui englobe ces espaces, des continents disloqués et inversés voguent à la dérive ou à la recherche les uns des autres sur un même horizon.
Pour Serge Fisette, Labyrinthide devient en quelque sorte un lieu de rituel qui semble émerger du sol comme un fragment de vestiges dune civilisation disparue. (...) En investissant loeuvre, le visiteur devient officiant et explorateur, il accède à un lieu-sanctuaire enrichi de codes et de symboles, un lieu transcendant (...) .