De cuivre et de chimère
Joëlle Morosoli

Acier inoxydable, acier corten, acier, aluminium, cuivre et moteur.
4,40 x 3 x 2,40 m.
Commanditaire majeur : Pratt & Whitney Canada inc.
Collaboration spéciale : General Bearing Service.

En collaboration avec Rolf Morosoli, l’artiste a créé une sculpture cinétique qui évoque la proue d’un drakkar. La tête de proue est munie d’un moteur qui lui permet de se mouvoir de haut en bas, évoquant le mouvement de la mer.

Voici d’ailleurs comment l’artiste décrit son oeuvre :
Traduire l’eau par la matière... Donner une forme à ce qui n’en a que par les contenants qui la recueillent et qui, ainsi, attribuent à l’eau une infinité de formes.

Cette plasticité multiple m’a amenée à rechercher un élément symbolique, un détail qui, par analogie, réfère naturellement au thème de l’eau.
Ce détail, c’est la tête de proue d’un navire viking qui fait voguer notre imaginaire sur les fleuves et les océans. (...)
Les drakkars avaient une proue qui s’élançait et se terminait par une tête zoomorphe représentant un dragon, un faucon ou un animal mythologique. Ces bateaux vikings symbolisaient la puissance, le goût de liberté et d’aventures ; mais ils servaient également à conjurer le sort.
Étrangement, ces navires étaient aussi utilisés comme sarcophage que l’on sabordait près des rives, engloutissant un personnage important avec son mobilier. Le navire effectuait alors son dernier voyage, emportant à toute voile le défunt vers l’au-delà.
La tête de proue de l’oeuvre se veut une évocation à la fois de la mer et de l’eau comme symbole de puissance et de liberté, l’eau comme lieu de passage vers d’autres rives, d’autres mondes.
(Terre gravide... émegence, juin 1995.)

La mécanique n’est pas le propos de ma sculpture, commentera-t-elle, puisque je m’intéresse à la force évocatrice du mouvment, à son mystère au-delà de son fonctionnement. Le cycle répétitif du mouvement mécanique, hypnotique et obsessionnel permet cette magie. Comme un mantra, ce rythme pénètre le spectateur attentif et le renvoie à l’univers de son inconscient.

Photo Claude Lapierre
Photo Mona Godbout







© Société historique et culturelle du Marigot