425, Longueuil
La maison du 425, Longueuil donne à voir un très bel exemple d’une réalité typique de l’architecture québécoise. Influencée à la fois par les courants issus de la France et de l’Angleterre, l’architecture québécoise a ainsi développé un style propre qui réunit ces deux origines tout en les adaptant aux conditions du territoire. // En premier lieu, la marque évidente de l’influence française se traduit principalement par le toit Mansart à deux versants, aussi appelé toit à pente brisée. Ce type de toiture est associé au style Second Empire qui prit naissance en France durant le 19e siècle. La partie supérieure du toit Mansart est à pente moyenne et se nomme le terrasson. Quant à la partie inférieure, nommée brisis, elle comporte un angle très aigu, donc une pente raide, sur laquelle sont ici perchées trois lucarnes à pignon. Toujours au sujet du toit, on remarque son larmier en forte saillie et ses corniches imposantes qui donnent à la maison un air massif. Il en va de même pour l’important retour de corniche que l’on peut apercevoir sur les murs-pignons, là où la bordure du toit semble former un crochet. // En second lieu, l’influence britannique se fait aussi ressentir dans l’architecture de cette maison au niveau de l’organisation des éléments et des détails. Plus précisément, on y reconnaît le style néoclassique qui, très en vogue au 19e siècle, découle d’un goût marqué des anglais pour les renouveaux historiques. En plus du choix d’une ornementation directement tirée du répertoire antique gréco-romain, la maison révèle aussi une composition très ordonnée et symétrique selon laquelle les ouvertures sont rythmées. Plus important encore, le portique avant est dominé d’un fronton-pignon triangulaire supporté par des colonnes et des pilastres. Cet ensemble classique se soumet parfaitement aux exigences de l’ordre toscan qui possède des colonnes et un entablement aux lignes simples et épurées. // Par dessus tout, la maison du 425, Longueuil demeure fondamentalement québécoise de par la présence d’une cuisine d’été située à l’est. Munie d’une véranda moustiquaire, cette adjonction latérale représente une tradition prédominante de l’architecture vernaculaire québécoise. Finalement, notons la variété des matériaux utilisés dans la construction de cette maison : sur un solage de pierres des champs non équarries s’élèvent des murs dont la structure de bois est recouverte de brique rouge commune. Grâce aux nouvelles techniques de fabrication de masse, cette dernière assurait un faible coût de production, ce qui lui valut sa popularité au 19e et au 20e siècles. D’ailleurs, si l’on observe les linteaux décoratifs des fenêtres, on peut voir que les maçons apprirent même à faire de la brique un usage créatif.
Caractéristiques :
-dérivé du style Second Empire français, 2e moitié du 19e siècle
-marque évidente de l’influence française principalement pour le toit Mansart à 2 versants
partie inférieure à pente raide, très aiguë : brisis
partie supérieure à pente moyenne : terrassons
bordure du toit en forte saillie, larmier et corniche imposants, retour de corniche important
couverture en tôle à baguette à attache simple
-style néoclassique, renouveau historique britannique, 19e siècle :
style bien maîtrisé par les anglophones, adopté par les francophones
-marque évidente de l’influence anglaise pour l’organisation des éléments architecturaux, les détails et les ornementations classiques tirées du répertoire antique gréco-romain,
symétrie, composition ordonnée, portes et fenêtres/lucarnes rythmées
-plan rectangulaire, longue façade, fenêtres rectangulaire simples
-portique ouvert dominé d’un fronton-pignon triangulaire sur colonnes et pilastres : ordre toscan (le plus simple) y est intact, frise nue, corniche simple (à 3 moulures superposées), colonnes dont le fût reste nu, la base et le chapiteau, ainsi que l’entablement, très épurés
-à cela s’ajoute l’influence de l’architecture vernaculaire québécoise qui témoigne de l’adaptation des colons au territoire : mélange hétéroclite !
-solage de pierres des champs non équarries
-cuisine d’été munie d’une véranda moustiquaire, avec un toit propre à la galerie
-structure et éléments architecturaux en bois et revêtement extérieur en brique
-murs en brique rouge commune : LA nouveauté populaire du 19e siècle, faible coût de production dû aux nouvelles techniques de fabrication de masse
-2e moitié du 19e siècle : usage créatif de la brique : linteaux de fenêtres décoratifs
-balustrade en fer forgé ornemental (aussi une nouveauté du 19e siècle, avec la fonte)
-4 lucarnes à pignon avec saillie du toit à deux versants droits