245, Saint-Alexandre
Situé au 245, rue Saint-Alexandre, ce petit cottage pittoresque à l’aspect villageois reflète bien l’influence du goût britannique sur l’architecture québécoise au tournant du 19 et 20e siècle. Se distinguant par sa façade qui est localisée sur le mur-pignon, cette maison possède aussi une discrète aile à l’arrière, dans l’axe de la galerie latérale. Ceci témoigne d’un plan en «L» selon lequel ce petit volume est imbriqué en angle droit par rapport au volume principal. Typique au sein de l’esthétique pittoresque, une telle variation dans le plan permet de rompre avec la monotonie des formes classiques. Dans la même optique, on remarque une asymétrie dans la disposition des ouvertures du rez-de-chaussée. // En ce qui concerne le toit de la maison, ses deux versants droits à pente moyenne viennent se terminer en formant un petit crochet à la base, esquissant ainsi l’aspect d’un fronton. La présence de cette allusion à l’architecture des temples grecs est sans doute dû à l’influence de la mode britannique des renouveaux historiques. Notons aussi la magnifique bordure de rive du toit en bois qui est découpée en formes spiralées et selon des motifs végétaux. Au sommet, un pinacle délicat, aussi appelé épi de faîtage, couronne cette frise décorative. // Une autre particularité du cottage pittoresque réside dans le déploiement d’une grande galerie couverte qui, toujours selon le goût britannique, fait office de prolongement de la maison vers la nature. La série de colonnes qui la délimite fait l’objet d’une ornementation menuisée aux coins supérieurs. Pour sa part, la balustrade est fermée au moyen de balustres ouvragés en fonte aux formes fines et symétriques. Grâce au développement des fonderies dès le milieu du 19e siècle au Québec, la fonte devint rapidement le nouveau matériau de prédilection pour la fabrication des gardes-corps de galeries, ainsi que pour toutes sortes d’éléments architecturaux décoratifs. // Il va sans dire que cette petite demeure colorée charme par la qualité et la finesse de son ornementation. À ce titre, notons la présence d’un oculus situé dans le pignon, ou encore des auvents décoratifs qui sont soigneusement disposés de part et d’autre des baies. Les fenêtres du rez-de-chaussée possèdent des battants à grands carreaux qui reprennent les styles courants du 19e siècle, tout en y ajoutant une imposte vitrée en guise d’entablement. Il en va de même pour la porte d’accès principal qui, quoique simplement encadrée et surmontée d’un linteau droit, possède aussi une imposte vitrée qui lui confère de la prestance. // Ce type de petit cottage deviendra un des modèles les plus répétés de l’architecture vernaculaire industrielle, ou standardisée, de la première moitié du 20e siècle.
Caractéristiques :
-petit cottage pittoresque, influence britannique tournant du 19e-20e siècle
-aspect villageois, 1étage et demi
-façade sur le mur-pignon qui est prédominant
-petit volume rectangulaire à l’arrière à gauche dans l’axe de la galerie latérale, témoigne d’un plan en (petit) L, imbriqué en angle droit au volume principal, pittoresque romps avec la monotonie des formes classiques, toit plat
-asymétrie dans la disposition des ouvertures
-toit à deux versants droits à pente moyenne, couvert de tôle à baguette triangulaire
-ligne du toit revient en crochet à la base : forme un fronton, influence néogrec
-murs couvert de clins d’aluminium qui imite bien le grain du bois, ainsi que la forme des planches horizontales
-galerie ouverte fait office de prolongement de la maison vers la nature
-toit de galerie couvert de bardeaux d’asphalte marron imitant bien le bardeau de bois original
-balustrade fermée au moyen de balustres ouvragés en fonte : le développement des fonderies à partir de 1840 au Québec fait de la fonte le nouveau matériau pour la fabrication des gardes-corps de galeries = formes délicates et symétriques
-ornementation menuisée des poteaux de galerie aux coins supérieurs, frise décorative, bordure de rive de toit en bois découpée en forme de spirales et motifs végétaux, pinacle au sommet : épi de faîtage
-fenêtres à battants à grands carreaux du 19e siècle avec imposte vitrée
-oculus dans le pignon
-auvents décoratifs
-porte néoclassique simple à linteau droit avec un encadrement simple et une imposte vitrée
-couleurs au goût du 19e siècle : marron, blanc, moins le bleu, mais cela s’agence très joliment
-va devenir un des modèles les plus répandus de l’architecture vernaculaire industrielle (matériaux préfabriqués, standardisés) durant la première moitié du 20e siècle