225, Saint-Alexandre
La maison située au 225, rue Saint-Alexandre nous offre un bel exemple de l’architecture vernaculaire québécoise du 19e siècle. La restauration dont elle a fait l’objet au courant des années 1990 a su lui redonner un cachet d’antan tout en préservant sa valeur patrimoniale. // Ce cottage rustique possède un toit en pignon à pente moyenne qui se termine par un avant-toit courbé, aussi appelé égout retroussé. Ce long larmier ayant pour fonction première de protéger les murs et le solage contre les intempéries servait aussi de couvre-soleil à la galerie qui se déployait jadis le long de la façade avant de la maison. Il s’agissait probablement d’un modeste perron comme en témoigne celui que l’on peut encore voir devant la cuisine d’été. Au sujet de cette dernière, on remarque qu’elle reprend presque identiquement le vocabulaire formel de la maison. Ceci garantie une belle cohérence visuelle à l’ensemble architectural. // Une des caractéristiques les plus intéressantes de la maison du 225, Saint-Alexandre réside en son usage prédominant du bois. Tout d’abord, elle nous donne à voir un magnifique revêtement mural en planches de bois horizontales qui se chevauchent. Pratique commune au 19e siècle, cette technique de couverture acquit sa popularité grâce principalement à la prolifération des moulins à scie. Au plan de l’ornementation, la maison obtient son aspect coquet de la bordure de rive du toit qui est menuisée et peinte dans une couleur contrastante. De plus, la façade des lucarnes à pignon qui percent le toit de la maison et de la cuisine d’été revêt la même teinte. Il en va de même pour les linteaux en arc de cercle aplati qui dominent les fenêtres à grands carreaux. Enfin, on ne peut qu’apprécier la splendide porte d’entrée principale. Surmontée d’une imposte vitrée et enserrée entre de larges chambranles, cette porte de bois se dresse derrière un portique qui est encadré de deux colonnes de bois à piédestal. // Pour conclure, on peut dire que cette maison démontre une assez grande symétrie dans la disposition de ses ouvertures. Par contre, ce n’est pas le cas de la cuisine d’été qui, étant relativement peu dimensionnée, ne dispose que d’une seule fenêtre. Aussi, on y note la présence d’une lucarne à croupe qui est située en retrait de la lucarne principale et qui vient s’adosser au mur de pignon de la maison. Cet élément légèrement divergent fut sans doute ajoutée ultérieurement.
Caractéristiques :
-maison vernaculaire québécoise du 19e siècle
-toit à deux versants, à pente moyenne
-long larmier couvre-soleil, avant-toit courbé ou égout retroussé, avec fermeture d’avant-toit
-portique couvert, pas de galerie le long de la façade, galerie devant la cuisine d’été
-solage légèrement surhaussé
-murs : couverture en planches de bois horizontales qui se chevauchent
-cuisine d’été au sud-est, reprend le vocabulaire formel de la maison
-symétrie dans la disposition des ouvertures (pas pour la cuisine d’été)
-absence de balustrade
-bordure de rive du toit menuisée et peinte = ornementation
-lucarnes à pignon, deux sur la maison et une sur la cuisine d’été
-cuisine d’été : lucarne à croupe ajoutée
-porte d’entrée principale en bois à imposte vitrée avec de larges chambranles, encadrée de deux colonnes à piédestal
-fenêtres à grands carreaux avec linteaux décrivant un arc de cercle applati
-cheminées anciennes au mur de pignon est, ainsi qu’au mur de pignon de la cuisine d’été