Saint-Vincent-de-Paul

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La vie religieuse
Les activités sociales
L'activité économique

 

LA VIE RELIGIEUSE

Le temps était plutôt maussade lorsque l'abbé Michel Bernard visita pour la première fois, en novembre 1954, le territoire qui serait bientôt sous sa gouverne. Les catholiques relevaient alors de la paroisse du Sacré-Coeur. La silhouette noire qui défilait devant les maisons suscitait la curiosité. Il fallut alors que l'abbé Bernard établisse des contacts; le 16 mars 1954, le quartier allait devenir une desserte, puis une paroisse le 7 octobre 1960. Son territoire s'étendait du Curé-Poirier, au nord, au boulevard Jacques-Cartier au sud, et du chemin de Chambly, à l'est, à la rue Montarville, à l'ouest. Le curé Michel Bernard demeura en poste jusqu'au 23 janvier 1966; il fut remplacé par Marcel Lecavalier jusqu'en août 1971, alors que Paul-Ernest Bissonnette prit la relève. Avec les premiers syndics de la paroisse, nommés le 15 avril 1954, (Raoul Bouchard, Vincent Gagné, Willie Lebeau, Jean Porcheron et René Thibault), le curé détermina le lieu de l'église et du presbytère.

Grâce à l'intervention du député auprès du gouvernement du Canada, Auguste Vincent, il fut convenu d'acheter, le 25 juillet 1954, trois baraques de l'armée au coût de 4 350 $. L'une devait servir d'église, l'autre de presbytère et la dernière d'école et de salle paroissiale. Une fois le déménagement effectué, le 7 août, et l'aménagement terminé, le tout revint à 65 000 $. Cela prit néanmoins quelques mois avant de recouvrir le papier noir, collé sur les panneaux de gyproc. La chapelle fut bénie le 7 novembre 1954. Elle était située au coin des rues Cherbourg et Saint-Alexandre. La cloche de l'église, donnée par Charles Dusablon, propriétaire d'une quincaillerie sur le chemin de Chambly, fut bénie le 24 juillet 1955. Enfin, le clocher n'était plus muet.

Pour sauver des coûts à la paroisse, le curé fit appel à son père, Joseph Bernard, comme sacristain, et à sa mère, que les gens appelaient Mme Curé, comme ménagère.

 

Les hommes forts du quartier transportant la croix vers l'église. Collection de Mme Proulx.

 

La communauté célèbre l'évènement devant l'église. Collection de Mme Proulx.
Soeurs fondatrices. De gauche à droite: soeur Denise-de-la-Trinité, soeur Marie-de-Liesse, soeur Omer-de-Luxeuil (Supérieure), soeur Marguerite de l''Immaculée-Conception, soeur Denis et soeur Marie-Blanche-Emma. Collection de la Congrégation de Notre-Dame.

 

Bénédiction de la croix devant la résidence de Léon Proulx. Collection de Mme Proulx.

 


 

Mère tenant le premier garçon baptisé de la paroisse. La cour était typique du début des années 50: petits animaux et la fameuse "bécosse" dans le coin gauche. Collection de Louise D'Amour Messier.

 

 

Vue du boulevard Curé-Poirier ouest, coin du chemin de Chambly. L'arrêt "stop" est installé au beau milieu du chemin. Collection de Thomas Timmons.



Le 11 juin 1955, les paroissiens virent arriver les missionnaires " Associées Notre-Dame-de-la-Protection " qui s'installèrent au 2210 Saint-Thomas, derrière l'église. Leur devise était " Tout pour Dieu et les Âmes " et leur but était de venir en aide aux pauvres. Le mouvement fut fondée par Yvonne Maisonneuve et leur raison sociale se nommait " Accueil aux Foyers ".

La paroisse fut fertile en congrégations religieuses puisque ce sont les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame qui, le 1er septembre 1956, prirent la direction de l'école. Elles étaient cinq, logeaient au 2040 Grant et dispensaient des cours dans autant de locaux à proximité de l'église. Soeur Saint-Omer-de-Luxeuil en était la supérieure et directrice; elle enseignait de plus en troisième année. Soeur Sainte-Marie-de-la-Purification s'occupait de la couture, Soeur Sainte-Blanche-Emma (Blanche Bouchard) avait la responsabilité de la cuisine alors que soeur Sainte-Marguerite-de-l'Immaculée-Conception enseignait en première année et soeur Sainte-Marie-de-Liesse (Annette Dragon), en deuxième année. Cependant, en septembre 1957, l'ouverture de l'école Bourgeoys résolut le problème d'espace. Les soeurs obtinrent en outre une résidence, au 2179 Daniel, sur le même terrain que l'école Bourgeoys, comprenant 10 chambres; les coûts s'élevèrent à environ 55 000 $. Dès 1957, elles enseignèrent au niveau secondaire. La population étudiante était en pleine croissance : 357 en 1959, 434 en 1960. On ajouta en 1961 un poste de bibliothécaire (soeur Sainte-Marie-Gédéon). En septembre 1962, soeur Saint-Lucien (Marie-Jeanne Tremblay) prit la direction de l'école et l'année suivante les soeurs dispensèrent de l'enseignement à l'école Gérard-Filion. L'école Bourgeoys-Champagnat, de 23 classes, fut ensuite dirigée par soeur Jeannine Turcotte (1967), soeur Marcelle Lussier (1968) et soeur Pauline Blondin (1969). D'autres soeurs occupèrent diverses fonctions dans la paroisse :

Soeur Sainte-Denise-de-la-Trinité (1957-1962), soeur Saint-Denis (1958), soeur Sainte-Marguerite (Jacqueline Papillon, 1960-1969), soeur Sainte-Rollande-Denise (1959-1962), soeur Saint-Alfred-de-Marie (1961-1962), Soeur Sainte-Denise-Marguerite (1960-1962), soeur Saint-Alfred-de-Marie (1962), soeur Saint-Albini (Anita Bourdon, 1963-1966), soeur Marie-Robert (1963), Soeur Rita-Maria (1963-1965), soeur Micheline-Marie (Micheline Routier, 1963), soeur Thérèse-Françoise (Thérèse Nadeau, 1964-1965), soeur Sainte-Louise-Albertoni (Gilberte Grenier, 1966), soeur Anna Lévesque, soeur Denise Bergeron (1967-1968), soeur Laure Simon (1968), soeur Gilberte Boucher (1969-1973) et soeur Bernadette Bourgault (1969)

Le 16 septembre 1956, Léon Proulx, du 106 Benoit, fit bénir par Mgr Coderre une croix de granit qu'il avait érigée devant sa maison, en août 1952. La croix, encore présente sur le terrain, mesure environ 15 pieds et un Christ d'aluminium y est apposé. La raison pour laquelle Léon Proulx acheta cette croix, coûtant 900 $, demeure un mystère. L'événement attira environ 500 personnes. Cette croix servit de reposoir lors de diverses manifestations de la Fête-Dieu.

Le 18 août 1957, Mgr Coderre bénit le monument Notre-Dame-de-la-Vie-Intérieure, don du chanoine Moreau, côté sud de l'église, la statue de Saint-Vincent-de-Paul, don des paroissiens, dans le portique de l'église, et un grand crucifix de 7 pieds, à l'entrée du choeur, don de Mme Bernard Milot, de Saint-Jean. La bénédiction du saint sacrement clôtura la cérémonie officiée par le chanoine Gamache, assisté des curés Michel Bernard et Benoît Legrand.

Comme nous l'avons mentionné, la première école était constituée d'une baraque militaire, à l'intérieur de laquelle on disposait des cloisons de carton. Le samedi, on les enlevait pour transformer les classes en salle paroissiale. Pour combler le manque d'espace, on loua des maisons, notamment le deuxième étage de la maison de M. Dunn où les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame vinrent enseigner.
En 1956, on fit construire, par J.-L. Guay, un bâtiment logeant l'école Bourgeoys (13 classes) pour les filles et l'école Champagnat (15 classes) pour les garçons, selon les plans de Marc Cinq-Mars. Cette école, située au 2180 Brébeuf, fut unifiée vers 1965.

LES ACTIVITÉS SOCIALES

Un comité des loisirs fut mis sur pied dès octobre 1954. Il se composait comme suit :

Président : René Thibault
1er vice-président : Maurice Comeau
2e vice-président : Paul-Émile Brisebois
Secrétaire : Gisèle Thibault
Trésorier : Rosaire Courville

Une des toutes premières organisations fut la Saint-Vincent-de-Paul, fondée le 24 novembre 1954, qui disposait d'un comptoir à la porte de l'église chaque dimanche et dont le comité était le suivant :

Président : Paul-Émile Brisebois
Vice-Président : Bernard Gélineau
Secrétaire : Fernand Bissonnette
Trésorier : Vincent Gagné

En 1960, le gymnase de l'école Bourgeoys-Champagnat servit de Centre des Loisirs. Toutes sortes d'activités y étaient présentées, du hockey intérieur aux danses du samedi soir. En 1964, le parc Lecavalier fut doté d'une piscine et d'une barbotteuse et l'année suivante, on y construisit un chalet au coût de 41 322 $.

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES

Les gens du quartier allaient faire leur épicerie chez Edgar Laliberté, sur le chemin de Chambly. Commerçant simple et généreux, il connaissait le nom de tous ses clients. Il n'hésitait pas à faire crédit à sa clientèle établie. Plus tard, son boucher, Jean-Paul Beauregard, ouvrit son propre commerce sur le chemin de Chambly. Parmi les autres épiceries du chemin de Chambly figuraient celles de R. Valois (1980), E.M. (2179), la boucherie de Georges Péloquin (2264), les restaurants Jeannette (2136) et chez Charles (2265). Divers autres commerces complètent la liste : la quincaillerie Dusablon (2240), Taxi Robert (2203), la salle de quilles Lincoln (2268), la station d'essence Généreux (2159), Nor-Gas (2205), Jacques-Cartier Wheel Alignment (2296), le Tourist Room de A. Berthier (2382) et le fleuriste Dion (2486). Sur la rue Saint-Alexandre, on retrouvait le commerce Ciné-Amusements (2290).

Dans les années 60, le développement domiciliaire fut fulgurant, notamment avec le domaine Beauvoir, entre les rues Maréchal et Perron. C'est sans compter le développement du secteur de la paroisse Saint-Robert qui était sous sa juridiction jusqu'en 1967.

L'édifice du marché d'Edgar Laliberté sur le chemin de Chambly, au coin de Curé-Poirier, n'a aujourd'hui pratiquement pas changé. Collection de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul.



Communauté très religieuse, Saint-Vincent-de-Paul vit défiler chez elle presque tout Jacques-Cartier puisque c'est dans ce secteur que fut construit le premier hôtel de ville, à proximité de son seul cimetière (le cimetière Saint-Georges, fondé le 5 juin 1949).

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