Chapitre 9

 

En 1970, le club nautique élisait Jeanine Lalonde-Duguay comme secrétaire. Ce fut la première femme à remplir ces fonctions avec un mandat de longue durée, ce qu’elle fit d’une façon dynamique.

Une femme de tête

Il y avait déjà eu une secrétaire élue, mais elle n’était restée que quelques jours sous le commodore Flynn. Il y avait également eu une trésorière qui, elle aussi, ne demeura pas longtemps en poste et ne signa apparemment aucun rapport financier. Quant à Jeanine Duguay, elle fut en fonction jusqu’en 1975. Elle rédigeait non seulement les procès-verbaux, mais préparait même les discours et exposés du commodore. Elle intervenait dans les assemblées générales pour y mettre de la concorde, et ses avis, donnés avec doigté, étaient appréciés.

Jeanine Duguay avait obtenu la concession du restaurant du club avant d’être choisie secrétaire en assemblée générale. Institutrice, elle avait été à diverses reprises secrétaire d’élection. Elle s’était intéressée au club nautique parce que son mari, André Duguay, qui devait devenir vice-commodore, avait d’abord été surveillant des lieux.



Vue des petits chalets du Longueuil Boating Club
(Archives de la Société historique du Marigot)

 

Les chalets bleus et blancs

Madame Duguay avait commencé à connaître le club en 1948. Elle se souvenait qu’alors de nombreux chalets bleus et blancs (les couleurs du club) étaient regroupés sur la plage. Les gens venaient y passer l’été au coût de 40$. À la fin de la saison, on remontait ces constructions autour de la maison commune, rue Victoria. En ce qui touche la navigation, les anglophones utilisaient tandis que les francophones préféraient les embarcations à moteur. Tout le monde parlait anglais, même entre francophones.

Madame Duguay se rappelait le fléau du club et de la ville les inondations saisonnières. L’embâcle faisait monter l’eau jusqu’à la rue St-Charles, et même au-delà quelquefois, jusqu’à la rue St-Laurent. Des blocs de glace et des poissons remplissaient les salons des riverains. C’est en raison d’ailleurs de cette érosion que la maison commune était bâtie sur pilotis. Durant les inondations, on s’y rendait en chaloupes.

Cours de voile

À sa réunion du 13 novembre 1969, le conseil d’administration se dit prêt à collaborer à un projet du département de la récréation et des loisirs de la ville de Longueuil, visant à organiser des cours de voile pour garçons de 9 à 14 ans, durant les prochaines vacances estivales. On utiliserait six voiliers à cet effet, avec des moniteurs du service des loisirs. On demande au club l’espace et les facilités nécessaires.

La même année, le secrétaire, Charles Brien, parle du «Club nautique (sic) Longueuil» en appuyant la candidature de Pierre Béland comme délégué du Québec à l’École Nationale de Voile Française. Béland est le titulaire des cours de voile patronnés par la ville. «Pierre Béland, écrit le secrétaire, est le plus qualifié de nos membres et son séjour à l’école de voile française ne pourra qu’augmenter le prestige de notre club au Canada français».

Il avait existé en 1960 et 1965 un embryon d’école de voile auquel un ex-commodore, Léo Lafrance avait collaboré. Consacrant temps et argent, six membres avaient alors construit de leurs mains six petits voiliers «pingouin» qu’utilisèrent gratuitement une quinzaine de garçons de 12 à 16 ans. M. Lafrance affirme, en 1992, que «ces enfants ont acquis un sens du devoir et une discipline qui en ont fait des professionnels exemplaires aujourd’hui».

Un héritage

Le conseil élu au printemps de 1973, présidé par le commodore Paul Charron, se préoccupa d’améliorer les facilités du club tant sur terre que sur le fleuve. L’assemblée annuelle avait approuvé les augmentations de cotisations et de tarifs à cet effet. De plus, un legs du dernier secrétaire anglophone, Wilbur J. Parkin,au montant de 21 700$ devait aider à la réalisation de divers projets.

Dans un avis de convocation, le 26 septembre 1973, la secrétaire Jeanine Duguay donnait un aperçu de l’état précaire des lieux: «Depuis quelques années, écrivait-elle, l’eau atteint un niveau très élevé et cause des dégâts considérables sur le terrain. Les inondations causées par les pluies torrentielles, l’égouttement, l’érosion sont autant de facteurs qui rendent l’endroit inaccessible aux véhicules. De plus, il est impossible d’obtenir les services d’une grue pour le lancement et la sortie des bateaux, les opérateurs de ces machines refusant de s’aventurer sur un terrain en si mauvais état».

Construction de quais

En vue de corriger cette situation, le conseil convoquait les membres en assemblée spéciale le 2 octobre 1973, et leur soumettait un projet de réaménagement du quai est et de construction de quais flottants additionnels. On apprend à l’assemblée annuelle du 21 avril 1974 que ces travaux ont effectivement eu lieu, de même que l’érection d’un mur de soutènement auquel on donne le nom de Bill Parkin.



A vol de mouette Vue aérienne du Club nautique de Longueuil, au mois de mai 1977. (Photo R. Lachance)

 

Par ailleurs, l’assemblée annuelle du 21 avril 1975 décidait de porter de 70$ à 80$ la cotisation des membres. D’autre part, le tarif de quaiage passait de 4$ à 5$ le pied linéaire. Quant au taux de quaiage pour les visiteurs, on prévoyait 25 sous le pied chaque jour soit un minimum de 3$. On comptait alors une soixantaine de membres.

À la fin de la décennie, le club se donnait une autre secrétaire, Colette Pépin. Membre active, elle participait pleinement aux activités du club, étant propriétaire d’un bateau. De plus en plus, la femme prenait une part majeure dans l’évolution du club.

Le dernier épisode de cet ouvrage envisagera le Club nautique de Longueuil durant la décennie précédent son 125e anniversaire.

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